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jeudi 14 janvier 2021

2020... un top 12, vraiment ?

 TOP 2020

Et bien voilà, sur un mouvement lancé par Elodie inspirée par Laurent et repris par Nicolas et Sylvie, sans aucune originalité donc, à mon tour de me livrer à mon "BestOf 2020"

1. Le temps de l'innocence, quand on ne savait pas encore, ou pas vraiment... En janvier un 1er de l'an

Palerme, une rue

en Sicile, les pentes enneigées de l'Etna, les déambulations dans Palerme, Syracuse ou Notto, Segeste sous un orage de grêle, une improbable escale à Gibellina, en février dernier séjour aux sports d'hiver (mais déjà certains s'y mouchaient du coude)...


2. Le télétravail et ses quelques bons aspects : l'économie des 2h30 de trajet quotidiennes, ce nouveau rapport aux collègues, ces projets incroyables, cette efficacité, une gestion assouplie (bon OK un peu trop parfois) des agendas qui a permis de multiplier les réunions et d'accélérer le travail en inter-équipes.


3. (OK ça pourrait être un 2 bis) l'abribus virtuel : un rendez-vous teams quotidien et open où on vient parler entre collègues de tout sauf justement de travail, où on a partagé quelques fous rires, quelques "scènes de ma vie de confiné", et les ras-le-bol aussi.

4. Cuisine et pâtisserie : franchement, je me suis fait plaisir : arancinis (nostalgie sicilienne et recette by Ellia), croquants de Cordes, entreprises pâtissières saupoudrées de premières fois : Paris Brest maison, Fraisier, Framboisier apothéose du cheese-cake sans oublier côté salé l'ajout de quelques recettes à notre gamme, du risotto poulet petits pois carottes aux nouilles sautées boeuf et oignons (en revanche il faut vraiment que je trouve un endroit pratique et accessible pour le wok), vrai gratin dauphinois quand tu es chez toi et que tu as le temps...


5. Les teamspéro, skypéro, les boucles whatsapp et certains échanges sur les réseaux sociaux avec ce paradoxe : c'est souvent avec ceux qui sont le plus loin géographiquement (et avec lesquels on se demande bien pourquoi il a fallu attendre ce confinement pour avoir cette idée) que ça a le mieux marché : spéciale dédicace à David le texan, Nicolas le slovaque, François le belge ou encore Yann le polonais.


6. Couture... comme je l'ai écrit sur Facebook on m'aurait dit en 2019 que je benchmarquerais des tutos coutures masques norme AFNOR pour finir par bricoler le mien (je déteste les tutos vidéo, voilà ça c'est dit) - en fait c'est un peu comme la cuisine : je prends 2/3 recettes, j'ajoute ma touche personnelle et je fais à ma sauce au final.


7. Jardinage et fleurs coupées : la simultanéité du déconfinement et de la saison des pivoines : occasion d'une orgie pivoinesque, reconstitution d'un petit "jardin de cuisine" : mélange d'herbes aromatiques et de plantes à fleur...

8. Le déconfinement, tout le déconfinement : il faisait beau, c'était le printemps, revoir ma famille, se voir à défaut de se toucher ou de s'embrasser, retrouver les collègues masqués et distancés, trouver presque du plaisir aux 2h30 quotidiennes de transport - cette parenthèse entre le boulot et la sollicitation familiale - et ce qu'elle comporte de bavasseries entre collègues, écoute de podcasts et playlist voire visionnage totalement déculpabilisé de séries (alors que dans mon chez moi / poste de télétravail, j'avoue, j'avais du mal à me l'autoriser).


9. L'été presque en liberté : en juillet la Toscane, Florence, Sienne, San Giminiano, Pise rien que pour nous ou presque, une Grèce nostalgique en août dans une ambiance étrange, familiale et débarrassée de la part la plus tapageuse des touristes et fêtards. Ajoutez qu'on y a échappé à la canicule qui sévissait alors en France. En bonus cette photo digne d'un autre méditerranéen de ce couple mère/fille sur une plage désertée à l'approche de l'orage...

10. L'apprivoisement des mesures barrière, un séminaire en présentiel mais à 2 mètres les uns des autres, le retour au travail de l'avant reconfinement. Un rassemblement fin septembre de 250 personnes (bénévoles de l'AFM je vous laisse spéculer sur la moyenne d'âge), avec une organisation et une logistique d'enfer - la même ou presque pour le Téléthon en décembre dans les studios de la Plaine Saint Denis... pas de cluster ! Si j'insiste sur ce point c'est parce que j'ai mesuré combien ceux qui ne les ont pas vécues (parce que pas concernés, parce que dans de grosses boîtes avec télétravail strict...) fantasment sur la contrainte voire l'inapplicabilité des mesures barrières : finalement vivre avec un masque H24 ou presque, le flacon de gel à portée de main, les déjeuners en quinconce et les pauses clope à bonne distance : en vrai c'est supportable, ça permet de faire plein de choses et de voir de vrais gens !

11. Sans plagier Elodie (mais bon je ne l'ai pas recrutée pour rien non plus) un P... de Téléthon de dingues, à la rage, à l'énergie et à l'envie... et ces enfants soignés, ces maladies qu'on nous disait incurables, ces pistes thérapeutiques qu'on nous disait irréalistes... Incroyable fierté d'avoir rejoint cette bande de fous furieux et d'avancer encore !




12. Et, dans le désordre, un improbable arbre à masque, le deuxième confinement et ses parcs et jardins ouverts, reconquérir Paris comme un grand terrain de promenades (surtout à plus de 1 km), retrouver en décembre la neige et l'air pur dans une invraisemblable et so authentique ferme du Doubs, la famille H et son grain de folie, des images qu'on n'aurait jamais pensé (re)partager et la force des liens (je ne parle pas des liens hypertexte) qu'on a noués et renoués...

Et pour 2021, comme je le disais tout à l'heure à certains collègues on va plutôt se souhaiter une bonne journée, un jour après l'autre et ça devrait aller ! 




vendredi 8 janvier 2021

C'est l'Orestie, mais à l'envers...

L'Orestie, mise en scène de Roméo Capellucci
(pas de crédit pour la photo)
Drôle de titre pour un billet. En plus il risque d'être long et il vous faudra, je le crains, le lire jusqu'au bout pour comprendre où je veux en venir.

On se lance dans le bloguage et voilà qu'on se retrouve plongé dans une actualité aussi brûlante que délirante, et on s'interroge. Qu'ajouter aux échanges sans rabâcher, plussoyer ou troller ?

Ok je suis joueuse, j'essaie !
 

En début de semaine on apprend donc qu'un constitutionnaliste célèbre et respecté, époux d'une historienne également célèbre et respectée est mis en cause par sa belle-fille pour des actes pédo-criminels commis sur son beau-fils (frère jumeau de la belle-fille, suivez un peu !). Elodie et Nicolas ont beaucoup écrit sur le sujet qui a été commenté chez eux ou sur Facebook, mais une question a soigneusement et diplomatiquement été évitée (enfin, si j'ai bien suivi, sauf dans les échanges, musclés, entre Elodie et Michèle Delaunay) : "si crime il y a et qu'il est juridiquement prescrit, quel est le sens de cet outing ?".
S'ensuit une invasion hallucinante du Capitole US : à l'image un improbable folklore en mode Jamiroquai/Village People rhabillés de drapeaux confédérés et T-Shirts néo-nazis. 

On ergote alors sur la qualification de ces tristes clowns et de leur tristissime et clownissime leader : fascisme ou populisme comme dans la matinale d'Inter ce jour, où j'ai quand même entendu cette perle "oui mais la grosse différence c'est que ce mouvement s'enracine dans une colère sociale".
Ben oui c'est bien connu l'incendie du Reichstag c'était au cœur d'une période de prospérité et de paix sociale, surtout en Allemagne. Pour le fascisme j'y reviens un peu plus loin. Passons...

Et là, la commémoration débarque avec le triste anniversaire de l'attentat contre Charlie, le crime de fous de dieu décérébrés, et on se remet à ergoter sur Etre ou ne pas être Charlie...

Le point commun entre tous : l'expression d'une tension grandissante - celle qui caractérisera notre siècle ? - entre la morale (sur fond religieux ou pas) et le droit, entre l'opinion et la raison. 

Car j'ai l'impression, la très nette impression que ce qui se joue ici est un véritable renversement de la modernité, d'une contestation profonde de la primauté du droit sur la revanche voire la vengeance, de celle de la raison et des faits sur l'opinion, j'y ajoute la revendication même pas sous-jacente d'une primauté de la représentation des intérêts particuliers ou des communautés (coucou les intersectionnistes les "faisceaux" du fascisme ça vous évoque quelque chose ?) sur la représentation égalitaire et démocratique des citoyens via leurs élus.

Quand la liberté d'expression si chère à nos frères nord-américains, après avoir autorisé les opinions les plus abjectes ou hallucinantes (du KKK au créationnisme et au platisme (on rigole on rigole mais bon) en passant par toutes les opinions religieuses y compris celles que nous considérons - à raison selon moi mais nous y reviendrons - comme sectaires), en arrive à légitimer les faits alternatifs, on se réjouit un peu vite de voir Facebook et Twitter jouer les gendarmes. On en oublie tout aussi vite la béance démocratique/de gouvernance qui se crée quand un acteur privé a tout pouvoir de censure, de son fait et de ses propres règles et non du fait d'une loi votée et contrôlée dans son application, cf leur promptitude justement dénoncée à censurer les tétons tout en laissant passer les armes et la violence.

On rate aussi l'opportunité de se féliciter d'avoir chez nous ces lois, pourtant jugées liberticides ailleurs, anti-sectes, anti-haine et incitation à la haine, laïcité "à la française" #toussa. Le modèle français hérité des Lumières pourrait être l'opportunité d'un nouveau leadership, ou restera le hoquet d'une ultime et dérisoire résistance à ce qui se joue...

William-Adolphe Bouguereau,
"Les Remords d'Oreste" (1862) - détail
Sommes nous vraiment en train de vivre (mes références sont encore plus lointaines que l'univers très Grand Siècle de Didier Goux que je découvre, et imprégnées de culture gréco-latine n'en déplaise à Charles Perrault à qui vous admettrez que cela doit faire une belle jambe d'où il est) une Orestie à rebours (oui j'assume aussi les liens wikipedia parce que s'il faut que je vous raconte tout ici ce sera définitivement beaucoup trop long) ?

Les dieux qui se retirent au profit de leurs symboles (statues) et de l'administration collégiale de la cité, les Euménides, la raison et le droit sont ils en train de laisser place à aux Erinyes : passions, vengeance et destins individuels tragiques livrés aux seuls caprices des dieux ?

Oui j'ai osé


L'avenir nous le dira, mais bonne année quand même !

samedi 2 janvier 2021

Premier billet (ou pas, c'est selon)

C'est l'histoire d'une fille/femme/vieille (rayer les mentions inutiles) qui cumule un certain nombre de (tares, qualités, OSEF) qui la conduisent, ici et maintenant le 2 janvier 2021, à ouvrir un blog (alors pour la petite histoire, à le réouvrir puisque blogger m'a automatiquement redirigée vers un brouillon qui datait de... 2013 !).

Première tare et non des moindres, le cœur à gauche et les 2 pieds dans la société civile depuis un grand virage professionnel opéré en 2004, néanmoins diplômée d'école de commerce, je me suis donc retrouvée (castée, parachutée, propulsée) dans l'équipe numérique #FH2012 (je vous laisse faire le calcul), occasion de rencontrer des blogueurs de gauche qui aujourd'hui se partagent entre vraie gôche autoproclamée, pseudo traîtres ex-frondeurs ou pas, démissionnaires du blogage, militants d'autre chose, universalistes et intersectionnistes, moi-même je m'y perds c'est vous dire... A l'occasion de riposte parties et autres grands moment de convivialité (avec une mention spéciale pour les barnums en plein vent sans wifi d'un certain meeting de Vincennes) j'ai même pu les côtoyer "en vrai" (enfin sauf Juan évidemment). Quelques années plus tard j'en ai même recrutée une pour développer ensemble et structurer la présence militante en ligne de l'AFM-Téléthon... Voilà, c'est déjà vous dire mes mauvaises fréquentations !



Deuxième défaut rhédibitoire, ou pas, il me prend souvent la fantaisie d'écrire... Sur un sujet ou un autre, sur les réseaux sociaux de plus en plus associaux. Jusqu'ici en vraie feignasse que j'étais, j'utilisais la fonctionnalité Notes de Facebook, mais d'une part Mark l'a supprimée depuis le 1er novembre, d'autre part cela m'attirait les foudres de Nicolas Jégou le dernier des mohicans blogueurs.

Enfin, je suis à la fois engagée et joueuse, bref, je m'étais engagée, à 1500 € collectés sur ma page de collecte pour le Téléthon, à ouvrir ce blog... A plus de 3500 € je n'ai plus guère le choix.

Dans ce blog je parlerai donc de société, de politique un peu quand même, d'engagement, mais aussi jardinage et cuisine, (pour la couture j'en resterai je pense à la confection de masques maison héritée de 2020 et de ses confinements).

Evidemment je m'empresserais de recycler ici mes publications antérieures...

Bienvenue

samedi 31 octobre 2020

Recyclage / De la bienveillance

 De la bienveillance


D’abord il ne me reste plus qu’aujourd’hui pour utiliser cette fonctionnalité de Facebook. Ensuite en me relisant (et notamment mes billets de premier confinement) je réalise que je n’ai toujours pas écrit ce fameux billet sur la bienveillance. Enfin, je me suis livrée récemment à un petit exercice de bienveillance appliquée sur lequel je voulais revenir.


Tout à commencé par le choix de décor de profil de Fambodji. Fambodji, je la connais de ma vie d’avant chez Aide et Action, grande dame, militante de l’éducation pour tou-te-s. A l’époque elle portait des tenues colorées, et des mouchoirs de tête savamment noués... La dernière fois que nous nous sommes vues irl, c’était à Ouagadougou lors d’un séminaire, elle avait fait venir un couturier et avait insisté pour que je me fasse faire une tenue (tenue que je ne peux maintenant plus porter - sous peine de me faire accuser d’appropriation culturelle mais ceci est une autre histoire). Nous avions ri ensemble lorsque le couturier, prenant mes mesures avait qualifié mes mensurations d’africaines (“elle est taillée comme une fille de chez nous”). Plus tard dans la même semaine je lui avais rapporté de la pommade au karité d’une coopérative... la même pommade ou presque, celle qui me sauve la vie (enfin la peau) chaque hiver, que vend la malienne voilée et forte en gueule du Proxi du Bras de Fer, dieu la bénisse !
Mais je m’égare. J’avais constaté au fil du temps et des publications Facebook l’implication religieuse croissante de Fambodj, après tout c’est son choix me disais-je. Et puis est apparu - peu après l’assassinat de Samuel Paty - ce décor de profil : “Respectez Mahommet, prophète de paix et de tolérance”. Je l’ai donc interrogée sur la signification de ce profil :

  • un appel aux croyants à respecter la parole (de paix et de tolérance donc) du prophète, ou
  • un appel aux non-croyants (j’ai peut-être même écrit mécréants) à respecter un prophète qui n’est pas le leur ?

Je note d’ailleurs qu’elle ne m’a pas vraiment répondu. En revanche ses amis Facebook oui.


Premier constat : nous n’étions pas dans la même posture. Je cherchais à comprendre et à expliquer (pas à justifier), en face on cherchait à convaincre et argumenter...


Deuxième constat : dans ces arguments, certains étaient documentés, bien documentés. Ne jamais oublier que dans la plupart des pays francophones et anciennement colonisés, les élites sont percluses de culture et de sources d’informations françaises. De l’interdiction de Hara Kiri pour atteinte à “la figure sacrée” du chef de l’Etat, aux déclarations de Chirac, jusqu’à l’arrêt du 25 octobre 2018 de la Cour Européenne (finalisé le 18 mars 2019) - je précise que le lien n’est pas vers l’arrêt lui même mais vers un commentaire, les références furent nombreuses, et le climat n’était (malheureusement) pas propice à en apporter d’autres (et puis, j’y reviendrais, j’ai choisi de tenir cette position d’écoute de préférence à une entrée directe arguments contre arguments).


Troisième constat : j’ai pu mesurer la profondeur du fossé, ou comme je l’écrivais à Elodie, j’ai vraiment, par moment, eu l’impression que l’abyme me regardait. Une blessure d’amour propre qui - peut-être - n’est pas seulement confessionnelle, mais qui est profonde. Peu sur ce mur pour rappeler que le prophète lui-même et de son vivant se fichait pas mal de ses détracteurs, ou que les premières victimes des islamistes dans le monde sont de loin et en nombre, des musulmans. Une hiérarchie des normes - pour reprendre un parallèle juridique - bouleversée, et où la vie humaine ne pèse rien face au sacrilège d’un gribouillis.

Quatrième constat : quittant ces rives quelque peu agitées que vois-je : ElodieLaurence parmi d’autres prennent leur casquette d’athées militantes. Je vous résume en gros : “les religions - toutes les religions, c’est du caca de prélat ou de bigote rassie, de l’endoctrinement et de l’asservissement, de la guerre de religion en puissance, non à l’opium du peuple...” ?
C’est une opinion, c’est la leur, et elles l’expriment Youhou !


Et moi dans tout ça je fais quoi ?


Je dis stop aux postures caricaturales (désolée pour cette référence mais elle me semblait particulièrement appropriée) ! Arrêtez, mais tous, d’asséner vos vérités ! Prenez le temps d’écouter, de vous poser. Accueillez la parole des autres, ignorez les injures et accrochez-vous à la moindre étincelle de bienveillance et de dialogue. La haine de l’autre est toujours une haine de soi (et je pourrais ici entrer dans une longue disgression sur le fait que des caricatures - non des pratiquants eux-mêmes pris dans leur ensemble - mais des dérives de certains, de la bigoterie et de l’intégrisme - ne sont pas des manifestations de haine mais une invitation - par le rire - à prendre du recul sur soi et sur l’image que l’on donne de soi - mais ce n’est pas le lieu). Soyez bienveillants envers les bienveillants, au mieux ignorez les autres (ou si vous êtes choqué comme j’ai pu l’être par @Aïssatou, répondez simplement, calmement et respectueusement en disant pourquoi et en quoi ces propos vous choquent, sans chercher à choquer en retour - même si c’est violent et que la tentation est forte, surtout si c’est violent et que la tentation est forte). Les caricatures vous choquent ? Vous avez le droit d’être choqués et de l’exprimer, y compris sur la place publique, pas celui d’appeler à la haine et au meurtre. Dites, posément - en faisant des vraies phrases - pourquoi et en quoi cela vous choque, et débattez-en entre vous, ni plus ni moins - en somme - que l’exercice que proposait Samuel Paty à ses élèves.


Je ne vois pas d’autre chemin que celui-là. Il est difficile, il requiert de la patience et un rien qu’un peu de maîtrise de soi, mais tous les autres sont des impasses. L’extrémisme ne se combat pas par un autre extrémisme...

Cet appel vaut évidemment pour ce sujet comme pour d’autres...

La voilà, ma bienveillance à moi (sur un air de Julien Clerc), le choix d’une voie difficile et escarpée, à 2 000 lieues de toute forme de gnangnanterie.

Sur ce confinez bien et ne passez pas trop de temps sur les réseaux quand ils deviennent asociaux.

vendredi 23 octobre 2020

Recyclage / Fidèle au poste

 Fidèle au poste


D’une part ça faisait longtemps que je n’avais pas écrit ici,
D’autre part je me dépêche puisqu’apparemment ce ne sera plus possible de le faire après le 31 octobre, raison de plus pour que Nicolas se dépêche de créer sa page de collecte Téléthon pour faire pêter le compteur et que je crée mon blog.

Mais fidèle au poste je suis, et fidèle au poste je reste...

Fidèle à ce job qui est tellement plus qu’un job, fidèle aux familles, aux chercheurs, aux professionnels de l’accompagnement, mes collègues... Fidèle aux bénévoles pour lesquels j’avoue et renouvelle une admiration sans faille, qui se démènent pour sauver ce qui peut l’être, réinventer le reste, et imaginer de nouvelles mobilisations. Leur engagement force le respect et nous oblige aussi rien qu’un peu, nous les “professionnels”...
Fidèle -oh combien- à ma dream team (CécileChristopheChristelSakina, Sandrine, LaurenceOlivierSwierczynski - qui ne fait décidément rien comme tout le monde - Olivier, Pauline, Nabil, Nathan, Lucas, Lorraine qui vient d’arriver, Delphine, Marie Emilie, Zahia, Isabelle, Elisabeth, Elodie évidemment...) et consciente qu’il va nous falloir tenir sur la durée, jusqu’au week-end des 4 et 5 décembre, jusqu’au 31 décembre, jusqu’au 28 février...


Fidèle aussi - et ça ça m’énerve un peu quand même - à un sentiment étrange de décalage, une sensation de vivre l’actualité par procuration. Etre tellement prise par ce job, par les conséquences de l’actualité sur ce job qui est tellement plus qu’un job , que l’on a l’impression de vivre autrement cette actualité et ces émotions nationales, de ne pas les vivre pleinement, de les vivre en décalé, de les vivre sans les vivre parce qu’il faut agir et réagir, bosser malgré tout, avancer sans s’arrêter.

  • 14 novembre 2015 : au volant de ma petite Meriva je traverse le bois de Boulogne en pleurs pour rejoindre les équipes FTV à Saint Cloud - plus de champ de Mars, on a 3 semaines pour se retourner... Derrière tout s’enchaîne, je n’aurai plus le temps de pleurer.

  • Décembre 2017, les funérailles de notre Jean Philippe Smet national - non seulement je n’en partage pas l’émotion (alors que bon quand même, en vrai c’est un peu notre Elvis à nous, en temps normal j’y serais allée de ma larmichette et de ma playlist à base de Laura et Allumer le Feu...) mais là je dois bosser plus que “malgré”, je dois même bosser contre puisque la cérémonie relègue notre événement, le même week-end au second plan. J’aurais plus tard l’occasion d’échanger avec un bénévole sidéré (“Non seulement il n’y avait personne dans la galerie commerciale où j’avais posé mon stand, mais le peu de présents étaient scotchés devant les écrans TV de l’hyper, à regarder la cérémonie à la Madeleine”).

  • Je passe sur 2018, les gilets jaunes, le renoncement (encore) au plateau prévu à la Concorde et le rapatriement sur les studios de Saint Cloud...

  • J’exagère, l’an dernier c’était presque roulant (enfin sauf le mouvement social du personnel du même nom), même que Mounir est venu nous rendre visite à la Villette ! Tiens Nicolas je te laisse choisir à quel seuil de collecte je sors la photo du député en compagnie de Peppa Pig...

Et là, ce cross-over COVID-19 / Samuel Paty euh... D’accord on aime les challenges mais enfin...

Mais bon fidèle au poste quand même, toujours et plus que jamais donc...

Fidèle aussi et aussi toujours et plus que jamais à mes convictions...
Sur la laïcité, sur le rôle de l’école, sur l’ADN de gauche (enfin mon ADN de gauche, un peu voltairien, résolument anti-bigots - ne pas confondre avec anti-telle ou telle religion : je veux juste dire que les pratiques religieuses n’ont pas, en aucun cas et sous aucun prétexte, à prendre le pas sur la règle républicaine), sur le rôle de l’initiative privée dans l’intérêt général, plus proche du terrain et souvent plus efficace que nos bureaucraties mal décentralisées/déconcentrées... Au passage et pour les amis LFI /EELV qui me lisent, si vous pouvez faire un peu de tri dans vos idées, ne pas confondre anti-”islamisme radical et politique” et islamophobie, pas non plus islamophobie et racisme anti-maghrébins, anti-noirs. Comme je l’écrivais ailleurs mon arrière grand père SFIO n’a pas bouffé du curé toute sa vie pour voir ses pseudo successeurs s’amuser à flatter des bigots, fussent-ils d’une autre confession. Merci !

Fidèle enfin à ma posture sur les rézosociaux et asociaux (re spéciale dédicace Gildas Debaussart et Christophe PITON ceux qui savent). Debunker la fake news quand on le peut, débattre - vraiment - y compris et surtout avec celles et ceux avec qui on n’est pas d’accord - en tout cas pas sur tout -, passer en MP quand ça monte un peu trop dans les tours, s’enrichir d’idées inattendues et de regards différents. Ces derniers mois auront été riches de ce point de vue là (merci docteur Raoult, merci les masques, merci la Suède). Ce paragraphe est dédié (liste non exhaustive) à Guy-AlainLudmillaLaurentRichardNicolas et Nicolas et même indirectement Jean-PaulElizabethElodie of course, RémiPhil et PhilippeAlexandre... désolée pour ceux que j’oublie.

Fidèle au poste donc ! Rendez-vous ici ou ailleurs un peu plus tard (pour le “ailleurs un peu plus tard” vous aurez bien compris que ça dépend de Nicolas et du succès de sa collecte).

Couvre-foyez bien, sortez couverts, prenez soin de vous et de votre réserve de bienveillance - m’est idée que ça va encore pouvoir servir !

mercredi 3 juin 2020

Recyclage / Georges, Adama, mais aussi Cédric, Steve et tant d'autres...

 Georges, Adama, mais aussi Cédric, Steve et tant d’autres...


Hier les restaus et cafés ouvraient, en terrasse à Paris. Chez moi la principale conséquence aura été l’invasion du trottoir d’en face par le restau du rez-de- chaussée, avec lequel on est fâchés parce qu’on n’a pas fini d’entendre sa soufflerie installée sauvagement et en dépit de toute réglementation juste au dessus de nos fenêtres côtés courettes... Choix cornélien par une chaude soirée d’été : ouvrir côté rue et jouir du boucan de la terrasse, ou côté courettes pour le doux vrombissement de la soufflerie, ou des deux côtés pour le courant d’air avec combo décibels ! Ce devait être l’événement du jour, ce ne fut qu’un épiphénomène...


Tout a commencé par des photos sur le groupe facebook PARIS 17 ème (75017), à moins que ce soit le défilé de motards rue des Batignolles, je ne sais plus très bien. Un petit moment de stupeur en mode “euh c’est des photos d’ici et maintenant ça ?” Une foule dans la rue, devant le nouveau palais de justice et le nouvel hôtel de police ? Indice : même si les distances physiques ne sont pas respectées, beaucoup ont des masques ET ne sont visiblement pas des casseurs”.



1er constat donc, je n’étais pas au courant, mais genre pas au courant du tout... je savais tout des déclarations du chef de la police de Houston, du #blackouttuesday et des publications ou photo de profil noires toutes noires... et je ne savais pas qu’un appel à manifester à 2km de chez moi avait été lancé, puis interdit (ou plus exactement dont l’interdiction avait été rappelée) par le préfet de Paris. Les bulles, c’est une réalité et c’en est flippant ! Et 1 point pour la distanciation sociale !


2ème constat : visiblement c’était plutôt bon enfant, pas monochrome et donc plutôt réjouissant, rafraîchissant avant l’intervention/dispersion par les forces de l’ordre. Après la dispersion un petit groupe a donc descendu la rue des Batignolles, sous les applaudissements (au fenêtres et aux terrasses) et en nous prenant à parti “Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !” (sur la scansion de “1ère, 2ème, 3ème génération, ça rappellera des souvenirs à certains). Et bon, bien, on dira ce qu’on voudra mais c’est vrai que ce côté black/blanc/beur #BlackLivesMatter ou tout ce que vous voudrez fait chaud au cœur...

Mais... ben oui il y a des mais sinon ce serait trop simple

De quoi t’es-ce donc au sujet qu’on cause ? et qu’est-ce qu’on compare ? D’un racisme institutionnalisé logé au cœur des forces de maintien de l’ordre ? Une forme de racisme d’Etat comme y disent ?


Et Steve Canisso, et Cédric Chouviat, et Rémy Fraisse alors ?


L’éclairage était mauvais on les aurait confondus avec des noirs ? OK donc on parle d’une doctrine de maintien de l’ordre qui mériterait grandement d’être révisée et d’une impunité (en tous cas perçue) des forces de l’ordre qui nous éloigne un peu beaucoup de l’exemplarité républicaine d’un serviteur de l’Etat ?


Un peu des deux dans un grand gloubi boulga et c’est un peu ça qui me gène quand même, aux entournures et au-delà !


Ne pointer que le racisme (supposé mais non démontré) dans le décès d’Adama Traoré, c’est quand même faire fi un peu vite de Cédric, Steve et Rémy pour ne parler que de ceux qui ont fait la Une des journaux...


Ne pas admettre que ce racisme existe s’abattre comme une volée de moineaux corbeaux sur Camilla Jordana (dont la déclaration était - quand même - d’une bêtise abyssale cela dit de même que son choix de chant à ladite manif “time to pick up our guns” était au mieux une provocation calculée - au pire une autre bêtise), c’est faire fi d’une autre réalité et ouvrir un boulevard aux identitaires racisés de tout poil.


Bref en tout l’outrance est mauvaise conseillère et en tout je la retrouve souvent... #OuPas.


Il y a dans la police (et la gendarmerie) un problème de doctrine sécuritaire, un problème d’impunité combinée à l’omerta, mais aussi de racisme ou a minima de biais culturels, mais aussi une réalité d’exercice des missions en milieu hostile voire de guet-apens qu’on ne peut pas juste, comme ça, mettre au rang “ des risques du métier, ils l’ont choisi tout ça”. Le tout forme un cocktail détonnant et ne pas le reconnaître, ne pas s’attaquer au-x problème-s est une faute politique. Bref il n’y a pas que des violents, pas que des racistes, pas que des sexistes... mais il y en a et le nier n’aide pas à apaiser la relation avec la population, ni à valoriser ceux qui font correctement, et avec dévouement, leur métier.


De même que nier l’existence, dans certains quartiers, d’éléments radicalisés, ultra violents ou juste désoeuvrés, dopés au discours victimaire n’aide pas non plus à se sortir le c... des ronces. Je vomis les identitarés , mais vraiment...


Pas pour leur diagnostic, il est construit, il est fondé, il fait sens... Nier le racisme systémique, faire de l’angélisme universaliste ou tout ramener à la question sociale, ne résoud rien... Je suis raciste, ça me fait mal de l’écrire, mais le nier fait encore plus de dégâts. Pourquoi affirmer un tel truc ? Parce que quand je vois une femme noire avec un bébé blanc je pense nounou, et quand je vois une femme blanche avec un bébé noir (ou métis mais c’est pareil en fait - autre signe manifeste que NOUS sommes racistes - vous avez sans doute remarqué, Obama est toujours noir, pas blanc alors qu’on est d’accord il est les deux à parts égales !), bref je me reprends quand je vois une femme blanche avec un bébé noir - je peux penser adoption avant même d’envisager le couple mixte. Je suis raciste quand je me félicite d’avoir cédé ma place dans le bus à ce papa noir avec ses enfants en bas âge - il n’y a pas plus de fierté à avoir à le faire pour lui que pour n’importe quel papa, n’importe quelle maman. Je suis raciste parce que je vis et j’ai été éduquée dans une société ethnocentrée (et donc dans laquelle ce qui n’est pas blanc est noir CQFD) et que je l’ai tellement intériorisé que je ne m’en rends pas (toujours) compte. Avoir des amis noirs n’y change rien, ou si peu...


J’ai aussi des préjugés sur les pauvres - avec ou sans dents - sur les riches, les bistros et les coiffeuses, les bretons (et surtout les bretons amateurs de bistros) et même les catalans... mais de même que la plupart des hommes ne réalisent pas toujours que leur vision du monde est patriarcale et sexiste, il peut m’arriver d’oublier que ma vision du monde est filtrée, racisée donc (#maispasque, socialement filtrée aussi etc... je ne vais pas vous la refaire) !


Donc presque OK sur le constat... En revanche les solutions... Elles reposent sur un substrat d’une grande perversité intellectuelle : elles tirent leur légitimité d’une aspiration à l’universalisme pour mieux saper l’idée même d’universalité. (J’ai de la suite dans les idées j’en ai de même et pour les mêmes raisons contre les féministes différentialistes - raison pour laquelle, on y reviendra peut-être #oupas je vomis également l’écriture inclusive - grammaticalement le “masculin” est un neutre - le mâle n’a pas de genre grammatical #épicétou).


Leur “nous” exclut. Non ma chère Rokhaya l’animalisation du corps de la femme n’est pas propre à la femme africaine vue par l’homme blanc, message des chiennes, truies, grues et autres poules aux panthères et aux tigresses... Quand nous avons des combats communs, menons les ensemble et pas isolées... Ce chemin-là me semble fructueux... Le tien ne fait que diviser encore plus, il cherche la revanche avant de chercher la paix... Je n’ai pas vécu ce que tu vis... et alors ? Que sais tu de moi d’abord ?


“Ne nous regardez pas, rejoignez nous” je ne sais pas, je ne saurai peut-être jamais si ce slogan était spontané... mais adressé aux parisiens aisés d’un 17ème hybride - entre l’avenue de Clichy et Malesherbes - celui là je suis prête à y adhérer. Cette invitation-là je suis prête à l’accepter. Parce que Césaire avait raison, parce que le colonialisme nous a autant abîmés qu’il vous a torturés (et on est d’accord tout ça est symbolique et historique, à commencer par le “nous”), parce qu’il a miné le cœur même de l’universalisme.


Je suis certaine d’une chose : ce n’est qu’ensemble qu’on avancera. C’est un chemin exigeant, parce qu’il suppose de l’honnêteté et de la lucidité (et le courage de cette lucidité)... Affronter les réalités, même celles qui dérangent, sans esprit de corps... Accueillir la complexité, refuser le simplisme et ensemble travailler, travailler, travailler... Je ne connais pas d’autre voie !


“Ne nous regardez pas, rejoignez-nous”


Il s’est peut-être passé quelque chose hier, vraiment...


jeudi 7 mai 2020

Recyclage / Quoi, déjà ? Non mais attendez...

 Quoi, déjà ?! Non mais attendez...


Allez, reconnaissez-le quoi... ces derniers jours de confinement (enfin à l’heure où je vous écris Edouard Philippe n’a pas encore parlé donc...), ont un petit air de familiarité... si si si ils vous rappellent quelque chose !

Mais si, ces fin août/début septembre interminables, on était rentrés du camping/du VVF/ de la colo/ de chez les grands parents mais pas encore au collège ou au lycée. Les parents qui avaient repris leur taf n’étaient plus, mais alors plus du tout disponibles pour une partie de tarot, belote, monopoly ou autre cluedo. A la télé la 12ème rediffusion de Belle et Sébastien, ou Pony, en tout cas une adaptation de Cécile Aubry n’était plus trop de notre âge, et les copains n’étaient pas encore rentrés, enfin pas tous et surtout pas ceux qui nous intéressaient... On traînait notre ennui et le fil de l’unique téléphone du foyer à longueur de journée, avec à la bouche un seul sujet de conversation, une seule question... “C’est quand la rentrée ?”


le paragraphe qui suit est un edit dédicacé à Marie Eve [merci !]

Enfin ça c'était quand les devoirs de vacances avaient été éclusés et à condition qu'aucun adulte de l'entourage n'ait eu la brillante idée de nous confier [le petit frère / les cousines / le chien le chat], qu'on avait eu 100 fois la tentation de balancer par la fenêtre, épuisée que nous étions d'une responsabilité H24 et d'une charge mentale disproportionnée à notre âge [mais l'expression n'avait pas encore été inventée].


En tout état de cause, il fallait que ça cesse et dans notre notre promenade quotidienne, comme un fait exprès, on passait l’air de rien devant le panneau d’affichage du collège ou du lycée, impatient-e d’y voir le jour et l’heure de la rentrée des [coche une case de 5ème à terminale à peu près].



Et puis d’un coup tout s’accélérait. La date fatidique enfin révélée, on n’avait plus le temps de rien. “Non mais maman mes cheveux ça craint VRAIMENT, si tu m’obliges à reprendre les cours coiffée comme ça j’aime autant garder un keffier sur la tête toute la journée, j’ai PAS DE VESTE METTABLE, et les fournitures, elle est où la liste qu’ils avaient donnée en juin ? Non et puis retrouver les horribles soeurs Bidultruc, et la prof d’Allemand “Du sollst mehr arbeiten !” , non AU SECOUUUUUUUUUURS ! J’veux pas y aller !”

C’est bon, vous l’avez ?

Bon mais heureusement, je vous écris tout ça, avant, bien avant le discours d’Edouard Philippe !

jeudi 23 avril 2020

Recyclage / ça faisait longtemps non ?

 ça faisait longtemps, non ?

On était entrés en confinement encore en hiver (si si le printemps c’est le 21 mars, ou le 23... en tous cas un merdanche, bref je ne sais plus), et là c’est presque l’été au début j’ai fait des billets un peu, beaucoup, trop, pas assez, je ne sais plus non plus... Sauf que Marie Eve aimait bien, ou pas, je ne sais plus très bien...


On avait peur de bingewatcher et résultat on est toujours planté au 3ème épisode de la saison 2 de Sériebidule, trop la flemme d’avancer, jamais le bon moment #ToutçaElodie le raconte très bien dans son épisode 18 ou 16 ou quarante-douze je ne sais plus non plus...


Même Passion Chloroquine je vous avoue j’ai lâché en cours de route, trop convenu, trop stéréotypé.


Franchement les scénaristes en télétravail ça manque d’imagination : à ma gauche (souvent mais je dois aussi admettre que j’ai peu d’amis aussi à droite que ne sont de gauche mes amis très à gauche - je vous laisse réfléchir sur celle-là) des complotistes/naïfs/enthousiastes (rayez les mentions superflues) qui exultent devant le fantasme ultime de collusion entre le grand (diabolique) capital et les institutions. Bref ils n’ont pas compris ou font semblant de ne pas comprendre qu’il est plus rentable pour Sanofi d’inonder le monde d’une molécule déjà amortie et qui ne coûte rien ou presque à fabriquer que de développer des trucs neufs en investissant dans beaucoup d’impasses beaucoup d’argent en espérant que parmi toutes ces impasses il y ait un truc qui marche, et certainement pas (en plus) le graal spectaculaire mais un truc qui, sur une catégorie de patients et un tableau clinique donné, améliore un tant soit peu le pronostic (qui à la base et pour Monsieur - enfin surtout Madame, et si en plus elle est fumeuse je te raconte même pas - “tout le monde” est - rappelons le, pas -si - dégueu). #PassionIncises

En face des chercheurs qui (re)découvrent d’un coup les vertus du peer review et oublient aussi un peu vite les magouilles, le mandarinat et les et je te retarde la publi de bidule histoire d’avoir le temps d’avancer sur la mienne sur le même sujet (si si si je vous jure dans le monde merveilleux de la recherche ce sont aussi des choses qui arrivent mais bon #StopFantasmes là aussi : en vrai il y a quand même plus de reviewers bienveillants MAIS exigeants genre Xavier), des politiques qui s’inventent une autorité en matière de recherche, des effets secondaires négligeables pas si négligeables... tout ça est d’un ordinaire... Et d’ailleurs le public ne s’y trompe pas qui a un peu lâché l’affaire aussi, il faut bien dire...

Sur la chaîne d’en face on a tenté de lancer #PassionTestsEtMasques... mais bon là aussi une fois que tu a compris les emplois, c’est assez convenu avec (en gros mais pas beaucoup de nuances de toutes façons) le camp de “en vrai on en manque donc on va plutôt dire que ça sert à rien ça passera crème...” contre le camp de “mais putain c’est tout le monde qu’il faut masquer/tester... bande de nazes”. Ouais OK mais tout le monde une fois ? Avec 30 à 40% de faux négatifs sur des personnes symptomatiques on va bien rigoler, et quand bien même tu étais négatif lundredi ça donnera quoi jeumanche ? Tout le monde tous les 5 jours (min incubation si j’ai bien tout lu) ? 396 millions de tests par mois yalah ! Il va en falloir des réactifs et des laborantins... Ça c’est pour les tests, pour les masques on passe à l’arc narratif “Kicéki qui a laissé périmer/n’a pas remplacé les masques ? “, là aussi somme toute assez peu de créativité dans l’écriture du scénar (quand je pense que je suis passée à #ça de me fâcher avec Mehdi, non mais allô quoi !).

Côté #PassionMasques

ma petite entreprise perso s’achève sur la réalisation de 8 masques tissu triple épaisseur pliage Afnor et sur une illumination sur le multitasking féminin.

Si si si souviens toi ces arrière-grand-mères à l’ouvrage à la veillée - qui participaient à la discussion mais toujours occupées avec un truc dans les mains et bien toi c’est la même.
OK, à un moment tu avais remplacé la couture, la broderie ou le tricot par un autre truc un peu itératif et mécanique genre candy crush ou sudoku mais

en fait

c’est

juste

pareil...

Bon sinon j’ai les doigts en bouillie et j’ai amélioré le design d’origine pour remplacer les brides par des glissières où je passe un ruban ou de l’élastique quand j’en aurais... Je sais tu t’en fous mais je te raconte quand même, on est sur Facebook, t’as oublié ?

Voilà, sinon au final je crois bien que ce que j’ai lu de plus intéressant dernièrement sur les Rézosociaux c’est le témoignage de Rémi de passage à Metz depuis sa Tchéquie d’adoption et son rapport d’étonnement sur l’ambivalence de notre rapport - à nous français - à l’Etat (ex. qui doit fournir les masques sinon on n’en porte pas), à la responsabilité individuelle et collective et au civisme tout simplement.

Bon sur ce je vous laisse, continuez de bien confiner et faites des stocks de bienveillance, on annonce une pénurie imminente !