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jeudi 23 avril 2020

Recyclage / ça faisait longtemps non ?

 ça faisait longtemps, non ?

On était entrés en confinement encore en hiver (si si le printemps c’est le 21 mars, ou le 23... en tous cas un merdanche, bref je ne sais plus), et là c’est presque l’été au début j’ai fait des billets un peu, beaucoup, trop, pas assez, je ne sais plus non plus... Sauf que Marie Eve aimait bien, ou pas, je ne sais plus très bien...


On avait peur de bingewatcher et résultat on est toujours planté au 3ème épisode de la saison 2 de Sériebidule, trop la flemme d’avancer, jamais le bon moment #ToutçaElodie le raconte très bien dans son épisode 18 ou 16 ou quarante-douze je ne sais plus non plus...


Même Passion Chloroquine je vous avoue j’ai lâché en cours de route, trop convenu, trop stéréotypé.


Franchement les scénaristes en télétravail ça manque d’imagination : à ma gauche (souvent mais je dois aussi admettre que j’ai peu d’amis aussi à droite que ne sont de gauche mes amis très à gauche - je vous laisse réfléchir sur celle-là) des complotistes/naïfs/enthousiastes (rayez les mentions superflues) qui exultent devant le fantasme ultime de collusion entre le grand (diabolique) capital et les institutions. Bref ils n’ont pas compris ou font semblant de ne pas comprendre qu’il est plus rentable pour Sanofi d’inonder le monde d’une molécule déjà amortie et qui ne coûte rien ou presque à fabriquer que de développer des trucs neufs en investissant dans beaucoup d’impasses beaucoup d’argent en espérant que parmi toutes ces impasses il y ait un truc qui marche, et certainement pas (en plus) le graal spectaculaire mais un truc qui, sur une catégorie de patients et un tableau clinique donné, améliore un tant soit peu le pronostic (qui à la base et pour Monsieur - enfin surtout Madame, et si en plus elle est fumeuse je te raconte même pas - “tout le monde” est - rappelons le, pas -si - dégueu). #PassionIncises

En face des chercheurs qui (re)découvrent d’un coup les vertus du peer review et oublient aussi un peu vite les magouilles, le mandarinat et les et je te retarde la publi de bidule histoire d’avoir le temps d’avancer sur la mienne sur le même sujet (si si si je vous jure dans le monde merveilleux de la recherche ce sont aussi des choses qui arrivent mais bon #StopFantasmes là aussi : en vrai il y a quand même plus de reviewers bienveillants MAIS exigeants genre Xavier), des politiques qui s’inventent une autorité en matière de recherche, des effets secondaires négligeables pas si négligeables... tout ça est d’un ordinaire... Et d’ailleurs le public ne s’y trompe pas qui a un peu lâché l’affaire aussi, il faut bien dire...

Sur la chaîne d’en face on a tenté de lancer #PassionTestsEtMasques... mais bon là aussi une fois que tu a compris les emplois, c’est assez convenu avec (en gros mais pas beaucoup de nuances de toutes façons) le camp de “en vrai on en manque donc on va plutôt dire que ça sert à rien ça passera crème...” contre le camp de “mais putain c’est tout le monde qu’il faut masquer/tester... bande de nazes”. Ouais OK mais tout le monde une fois ? Avec 30 à 40% de faux négatifs sur des personnes symptomatiques on va bien rigoler, et quand bien même tu étais négatif lundredi ça donnera quoi jeumanche ? Tout le monde tous les 5 jours (min incubation si j’ai bien tout lu) ? 396 millions de tests par mois yalah ! Il va en falloir des réactifs et des laborantins... Ça c’est pour les tests, pour les masques on passe à l’arc narratif “Kicéki qui a laissé périmer/n’a pas remplacé les masques ? “, là aussi somme toute assez peu de créativité dans l’écriture du scénar (quand je pense que je suis passée à #ça de me fâcher avec Mehdi, non mais allô quoi !).

Côté #PassionMasques

ma petite entreprise perso s’achève sur la réalisation de 8 masques tissu triple épaisseur pliage Afnor et sur une illumination sur le multitasking féminin.

Si si si souviens toi ces arrière-grand-mères à l’ouvrage à la veillée - qui participaient à la discussion mais toujours occupées avec un truc dans les mains et bien toi c’est la même.
OK, à un moment tu avais remplacé la couture, la broderie ou le tricot par un autre truc un peu itératif et mécanique genre candy crush ou sudoku mais

en fait

c’est

juste

pareil...

Bon sinon j’ai les doigts en bouillie et j’ai amélioré le design d’origine pour remplacer les brides par des glissières où je passe un ruban ou de l’élastique quand j’en aurais... Je sais tu t’en fous mais je te raconte quand même, on est sur Facebook, t’as oublié ?

Voilà, sinon au final je crois bien que ce que j’ai lu de plus intéressant dernièrement sur les Rézosociaux c’est le témoignage de Rémi de passage à Metz depuis sa Tchéquie d’adoption et son rapport d’étonnement sur l’ambivalence de notre rapport - à nous français - à l’Etat (ex. qui doit fournir les masques sinon on n’en porte pas), à la responsabilité individuelle et collective et au civisme tout simplement.

Bon sur ce je vous laisse, continuez de bien confiner et faites des stocks de bienveillance, on annonce une pénurie imminente !


vendredi 3 avril 2020

Recyclage / je vous demande de vous arrêter (billet énervé)

 Je vous demande de vous arrêter... (billet énervé)


On démarrait [ben oui “steup, continue, écris des billets” qu’ils disent, mais ça prend du temps d’écrire, faut pas croire non plus] notre troisième semaine de confinement et je me disais que les choses allaient se calmer, qu’on allait entrer dans une routine bien rodée... Mais... rrrain du tout, queud (désolée pour la familiarité), peau d’chi...

Côté boulot, c’est réunion sur réunion sur réunion, entrecoupées d’appels et de sms sinon c’est pas drôle, les horaires les plus improbables semblent permis puisque “de toutes façons tu ne bouges pas, hein”...
Ben voyons ! Quand dans tout ça tu es censée cheffer Elodie, 1ère à protester 1ère à transgresser avec des mails le dimanche, je vous jure, c’est pas de tout repos !

Côté vie sociale essaie l’anniversaire en mode confinement, vas-y essaie ! Les skypéros famille, belle-famille et amis, les notifs facebook et whatsapp (y compris sur les boucles où tu n’es pas mais c’est corrigé merci Laurence) les sms et les vocaux, répondre à tout le monde parce que quand même c’est gentil... C’est bien simple ça m’a E-PUIS-EE... Comme je le disais à Benoit je me souviendrai longtemps de cet anniversaire. Spéciale dédicace à Marie Eve qui a quand même réussi à glisser une demande de billet dans son message de bonnanniversaire.
Tu l’as voulu, tu l’auras !

Côté RézoSociaux on attaque la saison 3 de #PassionChloroquine. Ça se déchaîne de tous côtés à tel point que l’illustre gourou lui-même doit se fendre d’une vidéo pour dire - en substance -

Les petits chats je vous aime beaucoup beaucoup beaucoup mais sans ECG et sans dosage du potassium... la chloroquine c’est NON en fait...
”.

Sans blague !
Et, un jour, peut-être, on commencera à mesurer le temps perdu à ne pas avoir fait les choses proprement et - si l’effet de la chloroquine devait être confirmé, ce qui reste donc à démontrer - à compter le nombre de “pertes de chances” dans la réalité pour avoir voulu éviter les pertes de chance dans le bras placebo d’un essai correctement conduit, #oupas. Mais la croisade d’une diva de la recherche contre l’establishment et la méthode scientifique vaut bien ça !


Evidemment ce qui figure plus haut n’est qu’un avis personnel, mais puisque tout le monde y va du sien dans ce délire postmoderne où la science devient une question d’opinion comme dans un billet partagé par Laetitia... Les grandes crises de l’histoire ont toujours été accompagnées d’une régression des idées, on ne voit pas pourquoi celle-là y échapperait (et ça - entre nous - ça, ça me fait vraiment peur).

Tout le monde n’est décidément pas familier du “vrai” temps de la recherche, celui que connaissent trop bien les familles de l’AFM-Téléthon. Franchement les gars, là ça va vite, ça va très très vite même ! Mais oui, la vérité du combat contre la maladie, contre n’importe quelle maladie, qu’elle touche 1 personne sur 1 million ou le monde entier, est que c’est un chemin semé d’embûches, de vraies trouvailles et de faux espoirs, d’avancées fulgurantes et de coups d’arrêt, d’enjeux scientifiques, éthiques, économiques, industriels... Un chemin exigeant, ouvert aux intuitions et à la créativité mais un chemin méticuleux aussi, un chemin ingrat fait de ténacité et de rigueur. Demandez juste à ChristelleXavierAlexandre ou Fanny par exemple.

La colère contre l’impuissance médicale, contre l’absence de remède est une colère qui m’est devenue trop familière pour ne pas la reconnaître dans cette #PassionChloroquine.


L’observer renforce encore - s’il était besoin - mon admiration pour MarinaBenoitLaureChristineFrançois leurs camarades et leurs prédécesseurs, qui ont su dépasser cette colère - qui dans leur cas se doublait d’une indifférence quasi générale - et en faire un moteur, une force incroyable [spoiler], une force qui chaque année fait bouger des millions de français.

Voilà, c’est pour cela, mes chers amis, que “je vous demande de vous arrêter” , votre colère, vos colères (parce qu’il n’y a pas que la chloroquine, y a aussi les masques, Sibeth, les incompétents, les imprévoyants, les inconsidérés, les méprisés, les oubliés et évidemment que j’en oublie...) sont légitimes, mais en fait juste stériles. Vous vous épuisez à coup d’invective et de trolling sur les réseaux sociaux et les réseaux asociaux (dédicace Christophe et Gildas #CeuxQuiSavent), la dépression vous guette, le désespoir n’est pas loin pour certains si j’en crois mes DM... Transformez cette énergie qui vous dévore et qui vous mine, en vrai, agissez bordayl !

“T’es con ou quoi ? On ne peut pas agir on doit rester chez nous !”

[respire]


Alors...



Déjà, si vos comptes bancaires le permettent, vous pouvez soutenir ceux qui sont au front (voir mon article précédent pour liste de références à compléter). Ensuite le Secours populaire ou Les Petits Frères des Pauvres pour ne parler que d’eux ont des missions pour vous.
Si vous avez une machine à coudre, faites comme la famille de David ou Florence et lancez vous dans la couture de masques textiles... Evidemment si vous avez une imprimante 3D comme Ingrid vous pouvez vous lancer dans l’impression de porte-visière pour les soignants avec www.visieresolidaire.org et si vous n’en avez pas, comme Laetitia faire connaître ce service à un établissement de soin qui en exprime le besoin, ou si vous connaissez des industriels qui ont des bobines de plastique inutilisées aussi par exemple hop hop hop MP please @ Shields - visieresolidaire - Covid19 - Anthony - Île-de-France. Distrayez nous avec de belles images, des performances artistiques, de l’humour, ça compte aussi, et ça compte beaucoup !
Et puis si vous entrez dans les critères, vous pouvez toujours vous déplacer jusqu’à un point de collecte EFS, ça c’est autorisé.

Voilà, arrêtez de pigner, ça ne sert à rien et ça vous épuise, vous tournez en rond dans vos lieux bocaux de confinement, sur vos écrans et dans votre tête. Rendez-vous utiles, vous vous sentirez mieux...

Et oui demain est toujours un autre jour et il nous faudra toujours un max de forces et beaucoup [mais alors vraiment beaucoup] de bienveillance pour le construire ensemble !


Bisous confinés !

dimanche 29 mars 2020

Recyclage / Dans l'œil du cyclone

Dans l’oeil du cyclone


J’étais tranquillement confinée dans mon bel appartement parisien, tranquille à observer les 2 couples de pigeons ramiers et le couple de pies du bout de ma rue (à ce propos j’ai la nette impression que cette année les pies ont jeté leur dévolu sur l’arbre d’en face, la construction du nid va être passionnante à observer... mais je divague), quand la réalité m’a rattrapée comme une évidence...

Nous sommes dans l’oeil du cyclone, à tous points de vue...

Dans l’oeil du cyclone sanitaire c’est une évidence - confinés bien à l’abri et sans symptômes - on peut bien applaudir les soignants à 20h et ergoter pour ou contre Raoult sur les réseaux sociaux, on est bien incapables d’empathie avec ceux qui, en première ligne prennent des risques pour eux-mêmes et leurs proches, se “coltinent” les détresses respiratoires en se demandant “et si ça marchait et qu’ils avaient été traités plus tôt ?”, perdent des patients et ne voient pas les 80% de malades qui guérissent sans avoir besoin d’eux...
Je suis dure ? Non, lucide, on peut compatir, on peut les écouter si on en connait, on ne peut pas se mettre à leur place, eux sont confrontés à l’impensable.

Dans l’oeil du cyclone social c’en est une autre... J’ai dit, je répète “bel appartement”, un espace et un ordinateur pour chacun, (en extra bonus... des enfants qui ont passé l’âge scolaire !), ce n’est certes pas la situation des réfugiés de l’île de Ré, mais bon d’ici à se plaindre de ses conditions de confinement... Avec des métiers d’ultra cols blancs totalement gérables en télétravail, pas de pression pour sortir travailler la peur au ventre ou mourir d’être allée scanner vos courses comme une vulgaire caissière de Carrefour. Comme le disait un ami qui n’est toujours plus sur Facebook, ça t’envoie un signal sur les métiers “vraiment” utiles et une bonne perf d’humilité (pourvu que ça dure).


Dans l’oeil du cyclone politique... A ma droite j’entends encore des voix, des élans Bolsono-Johnsono-Trumpiens pour nous dire que la réalité sanitaire mérite moins notre attention que les projections économiques, que la récession due au confinement fera plus de victimes que n’en aurait fait le virus. A ma gauche on fustige des années de politique gestionnaire et fortement imprégnée de libéralisme et on se prend à rêver déconsommation (sans visiblement toujours en tirer toutes les implications sur l’emploi par exemple soit dit en passant). C’est Cuba qui envoie de l’aide humanitaire et c’est le Mexique qui ferme sa frontière... et partout commence à se faire entendre la petite musique plus que préoccupante du #OnNoublieraPas.

Dans l’oeil du cyclone de l’histoire enfin parce que le temps du confinement pour les uns et de l’urgence absolue pour les autres et de la peur au ventre pour les encore autres reste un temps suspendu entre un avant dont on commence tous à comprendre... plus ou moins... qu’il est révolu et un après qui est un saut dans l’inconnu ! C’est aussi les retrouvailles avec le temps du pire : marché noir (de masques) et délation (d’infirmières et de soignants coupables de risquer leur peau pour nous...), retrouvailles qui ne stupéfient pas qu’Elizabeth !

Et sinon les gens commencent à comprendre un peu mieux le décret Hydroxychloroquine et ils ne sont pas contents.

Désolée pour ce billet, je vous avait bien dit que le stade dépression n’était pas loin en même temps. Mais face à cet impensable absolu d’hyper vulnérabilité de nos sociétés que l’on pensait tellement performantes, à part relire très métaphoriquement “La Guerre des Mondes” comme évoqué avec Elodie, (je rappelle le pitch : des monstres sans âme venus d’on ne sait où exploitent systématiquement les humains et la terre... spoiler : à la fin c’est un virus qui gagne...) , franchement, on est juste démunis, à poil quoi !

Mais il y a quelques bonnes nouvelles...


De nouvelles énergies : il y a des trucs de dingues qui se passent... comme ces réseaux de makers qui en quelques semaines et à partir d’une idée du compagnon d’une collègue de Xavier et Christelle ont mis en place un réseau d’approvisionnement en porte-visière plexi pour les personnels dépourvus d’un équipement de protection digne de ce nom. Je lis ici ou là que maintenant ça se déclinerait en valves de respirateurs. Des hôteliers ou des particuliers comme Cécile mettent leurs m² à disposition de ceux, soignants et réservistes, qui se battent contre cette #@!§\[! de virus.


Des solidarités solides : on peut soutenir ceux qui agissent, Fondation de FranceAP-HPSecours populaireSecours Catholique - Caritas FranceMédecins Sans FrontièresMédecins du Monde FranceFondation Abbé PierreBreak Poverty FoundationInstitut PasteurCroix-Rouge française... En qualité d’ex fumeuse j’ai décidé de consacrer au moins les 10€ économisés de fait quotidiennement à mes dons, et d’abonder de 10 de plus (10 qui ne me coûtent rien puisque c’est juste l’économie en poison + 10 en plus ça fait 20 € par jour, faut suivre aussi !). Comme j’ai du retard j’ai commencé hier avec Break Poverty Foundation et son programme d’équipement de jeunes défavorisés en ordinateurs portables pour l’école à la maison... (merci Valérie). Et évidemment cette sélection est absolument non exhaustive, j’en ai sûrement oublié plein, complétez la liste dans les commentaires...

On peut, comme l’a commencé Nicolas, balancer du #feelGood dans les fils Facebook et Twitter (enfin Twitter reste Twitter faut pas rêver non plus) ou comme le suggère Christophe s’imposer une #Detox Réseaux Sociaux le week-end... D’autres comme LaurentGwénola participent à des chaines de photos de plage ou de paysages, ou comme EvelyneErwan et Margot de photos d’eux enfants. Avec MandineLaurence (enfin Chantal via Laurence en vrai), mais aussi avec MaevaClaude (bon si son boulot lui en laisse le temps) ou Alexandre je sens bien venir le #MarmitonChallenge.

On peut prendre des nouvelles de ceux avec lesquels on n’a pas échangé depuis longtemps et se réjouir de rapprochements inattendus, comme par exemple lire Yacouba et Ousmane reprendre une conversation qui remonte à 1996... Ou découvrir au fil des échanges que de Valerio à Yacouba en passant par AntoineGwénola ou Laurent - décidemment- j’ai beaucoup (trop ?) de Nantais dans mes amis FB...

Allez, confinez bien... demain est un autre jour et il nous faudra un max de forces et beaucoup de bienveillance pour l’inventer ensemble !

jeudi 26 mars 2020

Recyclage / Confinement, vous avez dit confinement ?

 Confinement, vous avez dit confinement ?


D’aucun-e-s de mes ami-e-s Facebook sont également blogueurs, et parmi elles/eux certain-e-s ont entamé un journal de bord du confinement, genre Elodie pour ne pas la cafter.

Et moi j’ai pas de blog et d’un coup m’est revenu comme un flash : “dans le temps sur facebook tu pouvais faire des articles”. Visiblement ça marche encore !
Donc - et tant pis pour ceux que ça gonfle - c’est parti pour une première analyse totalement subjective et en toute mauvaise foi totalement assumée de ces premiers jours d’un confinement qui promet d’être long et d’une crise qui n’est pour l’instant que sanitaire mais dont on pressent bien que ce n’est pas prêt de s’arrêter là.
Alors d’abord le travail
En gros on était plutôt bien préparés même si vendredi (le 13) j’avais encore un peu de mal à discuter “salariés fragiles et télétravail ceci n’est pas une punition”... bref dans mon équipe tout le monde était équipé sauf 1 personne qui a pu le faire lundi (je ne sais pas chez vous mais chez nous la côte de l’équipe DSI a pris + 20 000 d’un coup !), l’équipe et le canal teams de l’équipe étaient déjà opé... bref on est passés en mode télétravail direct dès le lundi avec un jour d’avance sur le reste des confinés.
Et sinon le télétravail c’est l’enfer...
Soyons clairs depuis 10 jours l’intensité du boulot est juste de folie, zéro répit entre deux réunions, on passe de teams à skype à zoom avec des boucles sms ou whatsapp pour gérer le “off” des réunions c’est un rythme de dingue ! J’ai même fait rire Christelle avec un post sur le sujet dans ma story... On commence à installer des petits rituels de convivialité aussi, l’espace fumeur s’est transformé en créneau de réunion ouvert où on vient taper la discute entre collègues (pour parler de tout sauf du boulot comme à la vraie pause cigarette quoi - et comme dans la vraie pause cigarette des fois on dérape quand même. Il parait que chez Le comptoir de Jégoun on n’est pas d’accord, mais on s’en fout en fait)... je réfléchis aussi à un équivalent du trajet en RERD mais avec les horaires à la noix d’un Xavier, c’est pas encore gagné !
Et puis il faut dire aussi que l’avantage de travailler en asso c’est que les réunions avec les bénévoles c’est souvent le samedi, samedi dernier avec un Conseil d’Administration skype à 100% de présence des administrateurs (j’en profite pour une bise à LaureChristineFrançoisBenoit et désolée pour ceux que je n’ai pas encore comme amis ici ou que j’oublie) et samedi prochain avec nos bénévoles force T sous la houlette de Nolwen. Bref autant vous dire que les conseils pour occuper utilement son temps de confinement, je n’ai pas encore eu le temps de vraiment bien en profiter (mais un immense merci à Didier pour sa sélection quotidienne, en tous cas ça fait envie).

A la maison
Franchement on n’est pas à plaindre. OK on est à Paris, OK sans balcon mais ça veut quand même dire des commerces de proximité vs l’apocalypse des grands hypers décrite par Elodie ou Pascale, à 20h il y a quand même une ambiance de dingue qui “fout les poils” et puis quand même...tout le monde n’a pas la chance d’habiter au dessus d’un arbre à masques chirurgicaux (photo).
Plus sérieusement une fois réceptionné le répéteur wifi qui permet que chacun ait sa zone de travail (2 adultes 1 jeune bientôt 20 ans et une ado bientôt 17) et que les espaces communs soient disponibles pour tous... franchement on est pas mal (oui Entre 80 et 85 m² ça aide aussi). On a aussi instauré le déjeuner libre un peu à l’américaine certes mais la pression sur les horaires entre les réunions de l’une et les cours des autres (oui mon mari est enseignant feignasse cueilleur de fraises dans le supérieur coucou Erwan, coucou Nicolas) n’était pas gérable sur un temps long. Et du coup étrangement le soir on est contents de se retrouver (tout est relatif hein, je rappelle que les juniors ont 19 et 16 ans...) et de se raconter nos journées respectives. Voilà, l’un de nous (souvent moi) sort tous les 3 jours pour un réassort et on a ressorti le vélo d’appartement (qui fait un bruit de casserole et vit probablement ses derniers jours mais il mourra d’une belle mort).

Avec les gens
Et soudain tout devient plus dense...
Avec la famille d’abord, on s’appelle, on whatsappe en vidéo alors qu’on ne l’a jamais fait auparavant, juste pour voir nos visages pour se sourire en vrai. On appelle des amis au loin, on prend des nouvelles par tous les moyens, de vieilles boucles whatsapp se réveillent : on échange les bonnes nouvelles, les moins bonnes aussi.
Avec #lesgens des réseaux sociaux, on échange toujours aussi vivement. On découvre que lâcher l’affaire face aux trolls devient encore plus facile mais que voir des vrais amis s’emballer ça fait mal, on a envie de leur expliquer, vraiment, on se prend le bec, on creuse, on réapprend à écouter (façon de parler hein...) on essaie de comprendre pourquoi - on constate, parfois, qu’on ne tombera pas d’accord mais que ça n’est pas si grave (ce § est dédicacé entre autres à LudmillaNicolas et Guy-Alain et un peu à Laetitia aussi et même Richard même si ne me remets toujours pas que la vie te donne à ce point raison sur ce coup - pour ceux qui ne suivent pas le nombre d’assesseurs déclarés covid-positif 10 jours après ce calamiteux 1er tour).
Avec #lesgens de la vraie vie aussi c’est différent : on en voit moins déjà, et on sourit plus (de loin et derrière une écharpe renforcée d’un filtre en auto fabrication à base de sopalin-papier cuisson, je n’ai jamais autant fait de lessives d’écharpes moi) on remercie le postier, le livreur, la caissière, même le policier qui vient contrôler ton auto-attestation...
On se fait des vrais apéros sur hangouts même que la prochaine fois on utilisera teams avec Nicolas Laetitia Christophe et Patrick qui n’est plus sur Facebook et Philippe qui a organisé mais qui n’a pas pu être là.
Et puis il y a ceux qui sont loin Jean-christophe depuis l’Australie qui nous apprend que là aussi le #RestezChezVous a du mal à passer et que Bondi Beach était blindée de monde ce week-end ou Ousmane qui (depuis le Niger) vient prendre des nouvelles, et puis Laurent et David fidèles au poste et au partage de leur vie confinée à Toronto, l’Inde est maintenant confinée elle aussi et j’attends avec impatience des nouvelles d’ Aishwarya et Teki pour ne citer qu’eux... Et paradoxalement vivre la même crise partout et quasi en même temps nous rapproche comme jamais (mais oui j’avoue je tremble pour les amis d’Afrique et de certains coins d’Asie...).
Voilà, sinon #lesgens n’ont rien compris au décret Hydroxychloroquine (enfin Nicolas oui mais j’ai l’impression que c’est bien le seul)... mais bon c’est pas si grave non plus. Franchement on ne s’ennuie pas en confinement... on devrait même profiter de ce cocooning imposé parce que m’est avis qu’à la sortie ça secouer !

Allez, sur ce profitez bien... #RestezChezVous et surtout keep in touch !